Quand il y en a trop, on ne sait plus où donner de la tête !

Salutations les aminches,

Au menu d’aujourd’hui, trop c’est trop !
Trop de jeux, tue le jeu !
Trop de SSU, tue le GI ! 😀

De l’utilité de l’accumulation dans le domaine ludique

Eh oui, je suis à mon tour confronté à la crise existentielle du joueur-acheteur compulsif ! 😀

Voilà des années que j’achète à tout crin des jeux et que j’accumule, j’accumule, j’accumule. Ceux qui ont vu ma ludothèque, savent bien de quoi je veux parler ! 😀 Et il est vrai que lorsque je l’analyse d’un oeil lucide, je ne peux que constater qu’avant d’être joueur, je ne suis qu’un simple accumulateur.

Vous noterez que, volontairement, je n’utilise pas le terme collectionneur, car même si toute collection est basée sur le principe de l’accumulation, l’acte d’achat n’y est pas le même. Le collectionneur va passer du temps à chercher, à chiner pour les objets plus anciens, et mettre en valeur sa collection.

L’accumulateur lui, va acheter comme on respire, tout dépoter dans un coin, pester contre le manque de place qui l’empêche d’en mettre plus et retourner acheter malgré tout. Et j’avoue, que dis-je je confesse ;), je ressors plus de la deuxième catégorie en ce qui concerne les jeux. En effet, quand je dresse le bilan d’une quinzaine d’années de jeu, qu’est-ce que j’obtiens ?

– des milliers de cartes Magic, dont les trois-quarts ne sont jamais rentrées dans un deck et qui dorment dans des classeurs épais comme des encyclopédies. Sans parler des cartes les plus rares, que je n’ose même pas jouer au vu de leur valeur en terme de collection…

– des centaines de figurines Mage Knight, Mechwarrior, patiemment collectées au cours de la période faste de Wizkids et qui dorment elles aussi dans leurs boîtes. Là, j’ai pris plaisir à les collectionner, à les jouer, mais j’en ai acheté certaines en multiples exemplaires, déjà inutiles à l’époque, alors aujourd’hui….

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Et dire que des cases comme cela, j’en ai au moins 30…. Je vous laisse faire le calcul de Mechs que cela représente, toutes factions confondues !

– des centaines de figurines AT-43, qui ont pris le relais des figurines Wizkids, avec lesquelles j’ai joué certes de nombreuses parties, mais jamais au point de pouvoir aligner tout ce que j’ai : qui peut raisonnablement jouer une vingtaine de blindés ONI dans une partie ? Là aussi, elles dorment aujourd’hui, abandonnées d’abord par leur éditeur avant de l’être par moi-même 😉

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Je sais, je sais : à quoi ça sert d’en garder autant ?
Franchement, je n’ai pas de réponse plus pertinente que de dire « Mon précccccieux ! »

– près de 300 jeux de société/plateau/cartes, incluant les multiples extensions de certains d’entre eux – qui a parlé de Dominion ? 😀 – mais sans compter les innombrables petites extensions des jeux comme les JCE. Là encore, si j’ai joué à la moitié d’entre eux, c’est bien le grand maximum. Tous s’entassent sur les multiples étagères dédiées, venues de pays froids où les meubles ont des noms à la con, et prennent la poussière.

Quand j’aligne ainsi les chiffres, j’avoue que ça me fait frissonner. Il m’arrive même de ne plus me souvenir que j’ai pu acheter tel ou tel jeu à un moment donné ! Certes, vous me direz : mais qu’est-ce qu’on en a à foutre de tes états d’âme ? Je vous répondrai que vous avez raison, on en a rien à cirer, mais je rajouterai tout de même qu’au-delà de mes atermoiements personnels, il y a une véritable question de fond qui ne touche pas seulement le monde du jeu.

Pourquoi accumule-t-on autant de jeux, investit-on dans mille-et-une nouveautés, alors que l’on sait très bien que l’on n’aura jamais assez d’une vie pour y jouer ? Pourquoi s’excite-t-on comme des puces autour d’une nouveauté – le cas du « buzz » autour de Myrmes (dont je ne nie absolument pas les qualités ludiques) sur Tric-Trac me semble assez symptomatique – pour la jouer deux-trois fois, avant de passer au prochain « buzz » ludique savamment orchestré par l’éditeur ? Pourquoi se goberge-t-on de tous nos « krakages » dont la finalité réside plus dans l’acte d’achat que dans l’acte de jouer ?

Je me suis souvent un peu moqué des joueurs monomaniaques – rôlistes, joueurs de Wargame par exemple – dans le sens où j’avais l’impression qu’ils s’enfermaient dans un jeu, refusant de s’ouvrir au reste du monde ludique. Si pour certains, il y a sans doute de ça, pour beaucoup c’est simplement parce qu’ils sont passionnés, préfèrent se consacrer à un jeu/système et l’explorer à fond. Et quelque part, je les comprends mieux aujourd’hui : au moins, ils jouent plus qu’ils n’achètent.

Alors constater c’est une chose, mais agir en est une autre ! Que faire pour retrouver plus de plaisir à jouer qu’à accumuler ? Des mesures drastiques s’imposent :

– dégraisser ma ludothèque. J’y songe depuis un moment déjà, mais je n’ai pas encore trouvé le courage de m’y mettre (et je ne parle même pas de devoir dégraisser mes anciennes collections de figurines) Pourtant, je vais devoir y passer, no way !

– fixer une limite à ma ludothèque, un seuil au-delà duquel je n’achète plus à moins de virer d’anciens jeux, afin de pouvoir améliorer mon ratio achat/parties effectives

– ne pas céder aux sirènes du « buzz », ce qui est sans doute le plus difficile. J’ai déjà sévèrement restreint mes achats – en dehors de Dust Warfare – en essayant de ne pas acheter tout de suite les jeux qui buzzent. C’est d’autant plus difficile que les éditeurs réalisant des tirages assez limités, certains jeux se retrouvent vite épuisés sans avoir toujours la garantie d’un deuxième tirage. Et je ne parle même pas du développement des offres Kickstarter et cie qui proposent des bonus si vous craquez de suite…. Sans compter non plus que je souffre du syndrome de Bill (Boule et Bill pour les incultes ! :D) : il faut que je choppe le premier flocon lorsqu’il neige, car le deuxième est déjà moins frais !

Bref, un sacré chantier auquel je m’attelle là, d’autant que je m’inscris parfaitement dans les propos d’Oscar Wilde : « I can resist anything, except temptation ! » J’en dresserai d’ailleurs un petit bilan en fin d’année, pour voir si j’ai eu le courage d’aller au bout de ma réflexion ou si je me suis encore laissé avoir par mon inconséquence chronique ! 😉

Chez le SSU, ça se reproduit comme des lapins de la toundra !

Eh oui, là aussi, trop c’est trop !
Quoi ? En aurais-je également assez de mes chouchous ?

Que nenni ! Derrière cette transition ô combien capillotractée, se cache en réalité un petit rapport d’une bataille jouée il y a deux semaines avec l’ami Bigben. Pour une fois, j’ai lâché mes cocos préférés pour les lui passer et ai décidé de combattre le communisme par le capitalisme avec mes fucking Ricains !

– Scénario : celui-ci était basé sur une opération menée par des commandos Alliés, cherchant à s’emparer de blindés R7 SSU en maintenance. Par conséquent, trois IS-48 ont été mis en objectifs centraux, avec une petite subtilité : on peut les démarrer en claquant une action et en maintenant une unité amie à proximité. Pas question cependant de les faire tirer, on peut juste les faire se déplacer, évidemment en direction de sa zone de déploiement, cela dans un délai de 5 tours maximum.

– Format : standard avec juste une restriction : pas de gros blindé, ni de blindé antitank. Mon but, c’était de voir ce que cela fait de jouer face à la marée rouge du SSU ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été déçu ! Sont chauds à gérer les bougres !

SSU :

– Heroes
Koshka Rudinova with Grand’ma (53)

– Red Platoon (142)
Command Section: « Red Command » Red Guards Command Squad (25)
1st Section: « Red Thunder » Red Guards Antitank Squad (20) + Grizzled Veterans (2)
2nd Section: « Red Thunder » Red Guards Antitank Squad (20)+ Grizzled Veterans (2)
3rd Section: KV-3 K « Matrioshka » (65)
Commissar: « The Karamzin » (8)

– Defense Platoon (105)
Command Section: « The Medvedi » SSU Command Squad (25)
1st Section: « Fakyeli » SSU Close Combat Squad (21)
2nd Section: « Fakyeli » SSU Close Combat Squad (21)
Commissar: « The Trediakovsky » (8)
Support: KV47-A « Nadya » (30)

De la piétaille à gogo, avec pas moins de 33 pelos sur la table pour 301 points ! Quand je vous dis qu’on est au niveau du lapin ! Les pièces maîtresses de cette armée : le Matrioshka, capable de jouer le rôle d’antichar comme celui d’anti-infanterie ; l’escouade des Red Thunder, dont les capacités létales ne sont plus à démontrer.

Alliés

– Heroes
Ozz 117 (23)

– Combat Platoon (186)
Command Section: « The Boss » Ranger Command Squad (25)
1st Section: « Grim Reapers » Heavy Ranger Attack Squad (30)
2nd Section: « Legio Patria Nostra » French Foreign Legion Kill Squad (26)
3rd Section: « Tank Busters » Heavy Ranger Tank Hunter Squad (35)
Support: MCW M3-D « Cobra » (35)
Support: MCW M2-A « Mickey » (35)

– Elite Platoon (83)
Command Section: « Corps Officers » Heavy Ranger Command Squad (30)
1st Section: « The Hammers » Heavy Ranger Assault Squad (28)
Support: LAW M1-C « Honey » (25)

Une armée bien moins optimisée, axée sur l’infanterie lourde. Je n’avais guère d’espoir sur mes chances de l’emporter face à la marée rouge, mais je voulais une armée qui soit en accord avec le scénario : pour une mission commando, je ne veux que des commandos et des blindés adaptés 😉

« Chef, les objectifs sont en vue ! Et les Popovs ne se doutent de rien !
– Mouahahah ! Quelque chose me dit qu’on va tellement leur botter le cul, qu’ils vont l’avoir rouge cerise, façon babouin ! »
(NB : le premier qui me dit que ma table est moche et mes décors minimalistes, je lui dis qu’il a raison ! Et je lui en colle deux quand même, pour le principe !)

– Déroulement de la partie : les deux premiers tours ont été très durs pour les Alliés ! Certes, leurs escouades d’infanterie R3 bénéficiaient de l’avantage de la mobilité, mais l’allonge était du côté du SSU. J’ai ainsi pu découvrir la violence du Matrioshka, capable de coller 5 dégâts à 36″ à n’importe lequel de mes deux blindés R4. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ami Bigben ne s’en est pas privé, squattant le couvert offert par le bunker dont il bénéficiait, profitant de son escouade de commandement planquée dedans et apte à réparer tranquillement le planqué de service !

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Jeu : prouvez que les cocos du SSU sont de gros planqués !
Indice : allez donc voir en bas à gauche de l’image !

Bref, il a fallu que je m’avance, ce qui a été fatal à mon Cobra, déchiqueté par deux rafales de Gatlings en deux tours… Une mort non inutile puisque j’ai tout de même pu éliminer un Grand’ma imprudemment avancé et permettre à mes escouades lourdes d’aller chercher le couvert offert par les objectifs, tandis que Matrioshka s’acharnait sur ledit Cobra.

Refroidis par cette exécution en bonne et due forme, je sentais baisser le moral de mes petits Ricains ! Encore plus, lorsque Bigben décida de faire rentrer son Nadya, nanti de ses deux sulfur jets, sur mon côté afin de balayer le flanc de mon infanterie.

J’ai donc dû remettre les points sur les i de mes hommes, en tenant un discours inspiré à base de « Sortez-vous les doigts du cul… » et de « …Avant que ça ne cimente !!! », le tout agrémenté de « Mais qu’est-ce qui m’a foutu d’une telle bande de branquignoles ! » Bref, ragaillardis par ces paroles viriles, mes troupes sont reparties à l’assaut, afin de parer au plus pressé : les Hammers menés par l’indétrônable Rhino sont partis faire coucou au Matrioshka, pendant que les Tank Busters aidés des Grim Reapers expédiaient le Nadya ad patres ! De son côté, le Mickey expédiait joyeusement un obus en plein milieu des Fakyeli, dont un tiers partait rejoindre un meilleur monde communiste.

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« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! »
Non mais, s’pice di planquée !

Sentant le vent tourner avec la perte de ses deux derniers blindés, c’est Bigben qui a dû, lui aussi, exposer les règles du jeu à ses hommes. Point besoin de paroles viriles au sein du SSU – la plupart étant bourrés, ils ne sont pas en état de suivre un discours 😀 – mais un simple geste du fusil mitrailleur des commissaires, indiquant aux petits rigolos qu’ils auraient plus à perdre à reculer qu’à avancer ! 😉 Et ça a marché ! N’écoutant que leur courage et le cliquetis des PPSH-48 de leurs commissaires, le SSU lance son infanterie vers les IS-48, en fait démarrer un tout en allumant mes Grim Reapers au passage : bye bye les gars, see u soon 😉

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« Encore besoin d’être motivés, camarades soldats ? Le temps de trouver un nouveau chargeur et je passe à la deuxième partie de mon discours ! »
Commissaire Sergueï, expert en motivation des troupiers et lettres à leurs veuves

Je comprends enfin ce que cela fait de jouer contre le SSU : la joie de démolir leurs blindés est vite douchée par l’avancée inexorable de leur infanterie. Or celle-ci étant capable d’encaisser de grosses pertes, on se retrouve dans les derniers tours avec des escouades qui ont encore quasiment toutes leurs armes lourdes disponibles. Et ça fait mal au c… camarades, d’autant que le SSU est à cours de vaseline ! 😀

Le dernier tour pointe donc son nez et avec lui une situation tendue : d’un côté, j’ai encore deux blindés, dont le Mickey et son obusier anti-infanterie, mais plus beaucoup de troupes ; de l’autre, Bigben n’a plus que ses troufions, mais il y en a un sacré paquet ! Bref, cela reste serré pour nous deux, mais là, c’est le drame ! (voix de journaleux de TF1 inside) : je constate que je ne peux pas tirer avec mon Mickey sur le gros paquet de Red Thunder qui me tombe dessus, car il faudrait me déplacer deux fois pour les avoir en ligne de mire ! Je suis donc obligé de renoncer et de fais tirer le Mickey sur les Fakyeli pour un résultat moyen.

Alors que je me lamente sur mon sort, Bigben me regarde avec un grand sourire en me disant : « Mais, aurais-tu oublié que les blindés américains n’ont pas d’angle de tir du fait de leur tourelle qui tourne à 360° ? » NOOOOOOOOOOOONNNNNNNNNNNNNNNNNNN ! Comment ai-je pu oublier cela !!!??? Mais quelle buse !!! Je suis tellement habitué à jouer SSU avec des blindés à angle de tir limité, que j’ai oublié que les Ricains n’avaient pas ce handicap ! Je suis passé à côté d’un tir à plus de vingt dés sur ses Red Thunder ! Peut-être cela n’aurait rien changé, mais bon, on ne le saura jamais…

Forcément, après une telle boulette, je paye cash la facture : Biggben exécute toutes mon infanterie restante et se paye même le luxe de démarrer un deuxième blindé, afin de le ramener dans son camp.

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« Putain William, où y sont les autres ?
– Comprends pas ! Z’étaient là à nous gueuler dessus pour une vague histoire de tourelle et puis, pfuit, plus rien, silence radio ! « 
Jack et William D., pilotes de Mickey fusillés par le SSU à la demande des Alliés pour incompétence !

– Ô rage ! Ô désespoir ! Que n’ai-je donc tant joué que pour finir par une telle connerie ? 😀 Bref, cela nous montre, si besoin était, que quand on joue en dilettante comme moi, switchant entre les armées, les compos, on finit toujours par oublier quelque chose ! Snif !

Pour autant, je ne regrette rien au final, car ça été une belle partie, très serrée puisque tout s’est décidé au dernier tour, c’était franchement intéressant. D’ailleurs on remet cela cette semaine, mais à quatre cette fois, histoire de se faire une belle baston pour fêter le début des vacances dans notre coin ! 😉