Games Workshop en a rêvé, Dust Studio l’a fait…

Salutations les aminches !

Un titre qui fait volontairement dans la provocation, car je suis assez remonté contre Dust Studio. Je suis même « violence » comme dirait notre bon Monsieur Manatane,  car « je suis trahison » !

Pourquoi ai-je moi aussi envie des envies de violence ? Parce qu’on semble avoir décidé à Hong Kong de calquer le modèle de développement des petits gars de Nottingham, donc de faire dans l’inflation à tout crin. Petit flashback pour mieux comprendre ma désillusion.

De la grenouille et du boeuf…

Début 2013, Dust Studio est en plein développement de sa gamme et les sorties s’enchaînent. Comme tout jeu de figs, cela reste cher, mais abordable avec des tarifs adaptés à différents publics :
– pour les peintres, les blindés standards coûtent dans les 30 $, sont à monter mais sont sous-couchés et dotés de deux options d’armes
– pour les fainéants comme moi, il existe la gamme premium : il en coûtera 60 $, mais ils sont montés et peints, même s’ils ne bénéficient pas des deux options d’armes

Bref, tout le monde y trouve son compte et peut monter une armée pour un tarif relativement raisonnable. Toutefois, au cours de la même année, l’équipe annonce son intention d’augmenter ses prix afin de couvrir des frais toujours plus élevés. Cela ne fait pas spécialement plaisir, mais la communication est plutôt efficace sur le sujet et du fait de l’enthousiasme de la communauté des Dusters pour la gamme, la pilule passe en dépit d’une augmentation assez costaude: + 25 %, sans compter la disparation annoncée des options d’armes dans le nouveau conditionnement des blindés sous-couchés.

La communauté est tellement compréhensive à leur encontre que lorsque Dust Studio lance son Kickstarter pour l’opération Babylone en 2014, une grande partie des joueurs investit, voire même assez lourdement pour certains d’entre eux. Je ne reviendrai pas sur l’échec de ce KS, aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui n’en ont reçu qu’une partie et ont fait leur deuil des freebies du fait des bisbilles entre Dust Studio et Battlefront. Dust Studio a d’ailleurs copieusement chargé Battlefront dans cette histoire mais n’a jamais vraiment proposé quelque chose de constructif pour les pledgers lésés, c’est-à-dire pour ses joueurs qui la suivent et la soutiennent depuis le début de l’aventure. Son image de marque est donc atteinte et elle perd de nombreux joueurs dans l’affaire. Elle relance tout de même la machine à partir de l’été 2015 en retrouvant un rythme relativement régulier au niveau de ses sorties.

Après un tel épisode, on aurait pu espérer que Dust Studio fasse un tant soit peu profil bas, afin de reconquérir les coeurs (et donc les porte-monnaies 😉 ) de ses joueurs. Eh bien que nenni : le soufflé lié au KS n’est même pas encore retombé qu’on nous balance une nouvelle augmentation des tarifs, notamment sur ses blindés standards : + 26 % et cette fois, sans aucune explication, ni esquisse de communication sur le sujet. Désormais, pour acquérir un blindé médium de la gamme, il vous en coûtera :
– 55 $ pour la version sous-couchée
– 95 $ pour la version premium

Avant-Après

« Alors, jeune padawan, sauras-tu trouver la différence entre la version à 60 dollars et celle à 95 ? »

Donc en un peu plus deux ans, la même figurine aura connu une inflation de près de 60 % ! Si ça c’est pas de la magie ! Et dire que je me moquais de la politique tarifaire de Games Workshop… J’aurais mieux fait de me taire sur ce coup !

Alors on pourra toujours me rétorquer que l’entreprise est libre de sa politique tarifaire, que ce n’est pas une oeuvre de charité, qu’il faut bien suivre l’augmentation des coûts de production dans une Chine dont le niveau de vie ne cesse d’augmenter, etc. Je ne pourrai qu’acquiescer, mais je pense tout de même que Dust Studio se plante sur ce coup et ce à plusieurs niveaux :
– d’abord dans sa communication : déjà déficiente durant l’affaire du KS, elle est carrément absente ce coup-ci. Comme durant le KS, ce sont les fan boys qui se chargent en partie de celle-ci, avec une argumentation qui ne vole pas bien haut comme on peut s’en douter : « Vous n’êtes pas contents ? Mais personne ne vous retient…. »
– ensuite, dans sa politique de développement. Visiblement, il a été décidé de faire comme Games Workshop, en tablant sur le fait que le jeu de figurine est un « luxe » et que cela se paye forcément : donc par ici la monnaie !
– mais le problème clé, c’est que Dust Studio n’est pas Games Workshop. Et si les British peuvent se permettre de jouer les divas, assis qu’ils sont sur un pool de joueurs/acheteurs conséquent, c’est tout l’inverse pour Dust Studio. Ainsi n’ont-ils réussi à réunir que 60 personnes il y a quelques semaines, pour ce qui a été présenté comme la plus grosse rencontre autour du jeu au Royaume-uni : autant dire que l’on ne va pas très loin comme cela… Avec des tarifs raisonnables, il était déjà difficile de convaincre de nouveaux joueurs de s’y mettre : beaucoup craignaient en effet – et à juste titre d’ailleurs – que vu c’est un jeu de niche, ils ne trouveraient pas facilement d’adversaires. Alors avec la nouvelle politique tarifaire, comment peut-on accrocher de nouveaux joueurs ?

Bref, je considère que c’est une très mauvaise décision et que Dust Studio prend un chemin qui ne débouchera sur rien de positif à long terme. Ils ont beau nous promettre monts et merveilles en sorties pour la fin de l’année 2016, je n’y crois plus guère désormais (et je ne parle même pas du projet de film tant cela me fait sourire 😀 ) J’ai tellement défendu la gamme, le jeu, l’équipe – y compris durant le KS, je dois battre ma coulpe à ce sujet – que de se voir traiter de la sorte me laisse un goût amer dans la bouche. L’entreprise ne vaut finalement pas mieux que les autres, en dépit de ce que Paolo Parente prétend et je m’en veux un peu d’avoir été aussi naïf.

Alors quid maintenant ? Perso, je ne suis pas le plus touché par la nouvelle augmentation, vu que j’ai déjà quasiment toutes les références. J’ai beau grogner comme l’ours mal léché que je suis, je reste accroché par l’univers et le design, je continuerai donc à investir, mais sans doute moins qu’avant. Par contre, je ne chercherai plus à défendre la gamme sur ce blog ou ailleurs : plus d’open the box, de preview, etc. Plus de parties d’initiations, de démos non plus : je me vois mal chercher à conquérir de nouveaux joueurs en les poussant à investir de grosses sommes dans une gamme dont la pérennité semble compromise. Je vais m’aligner sur le nouvel esprit Dust Studio, à savoir une simple relation producteur/consommateur comme pour n’importe quelle autre entreprise : cela me déçoit, mais puisqu’ils ont décidé qu’il en serait ainsi, dont acte.

Et sinon, rien de plus constructif ?

Bon, aboyer le derrière dans sa niche c’est une chose, mais il ne faut pas s’en contenter. C’est pour cela que j’ai profité de mes vacances pour m’atteler à une tâche que j’ai longtemps mise de côté : socler toute mon infanterie pour Dust. Parce que c’est bien beau d’acheter des figs peintes, mais sans un soclage digne de ce nom, c’est s’arrêter au milieu du chemin.

Le problème, c’est qu’en quatre ans de collectionnite aiguë  – ayant les trois armées au complet – les pitous finissent par s’accumuler. Ce ne sont donc pas moins de 200 socles que j’ai dû préparer : c’est long, très très long ! 😀 Cela occupe les soirées avec au menu de l’enduit, du sable, des bouchons de liège, écorces de sapins, ardoises, bâtonnets de glace… Mais également des bitz de Dust, bitz d’AT-43, briques et sacs de sable de modélisme, bref tout pour éviter des socles qui soient trop copiés/collés. Mon but : favoriser une certaine diversité à l’échelle des escouades tout en préservant une relative homogénéité à l’échelle des armées.

SONY DSC

« J’fais des socles, des p’tits socles, encor des p’tits socles. Des p’tits socles, des p’tits socles, toujours des p’tits socles. »

Bon, le plus gros est désormais fait, il ne me reste plus qu’à peindre tout cela. Cela sera encore long, mais plus facile car ça se fera à la chaîne et en alternant jus et brossages, donc rien de bien compliqué.

Me resteront ensuite les socles de mes équipes d’armes lourdes et de blindés, plus longs à faire à l’unité – car plus recherchés – mais nettement moins nombreux ! Et j’aurai fini toutes mes armées ! Ouééééé !

Jusqu’aux prochaines sorties, bien évidemment…. A moins que les tarifs ne fininssent par devenir tellement prohibitifs que cela ne me coupe dans mon élan ! 😉

« Ils sont venus prendre notre sang et se sont noyés dans le leur ! »

Salutations les aminches !

Un titre qui peut sembler un peu racoleur, mais qui n’est en fait que l’une des devises se rattachant aux Spetsnaz. Pourquoi aller citer ces p’tits gars pas franchement connus pour leur subtilité opérationnelle ? Parce que le dernier des trois détachements pour Dust Warfare a enfin atterri chez moi. Et vous l’avez forcément deviné, c’est le SSU qui est cette fois à l’honneur !

Enfin ! Mes chouchoux vont pouvoir casser du Fritz ou du Yankee et ce pour la plus noble des causes : défendre la Mère patrie ! Y compris – et même surtout – directement chez les adversaires, car c’est plus drôle d’aller tout casser chez eux 😉

Une seule prérogative : la subtilité !

Non, je déconne…. SSU et subtilité, voilà bien deux termes qui ne vont guère ensemble et ce nouveau détachement ne déroge pas à la règle. Certes, on retrouve la même composition en termes de figurines que les deux précédents détachements Axe et Allié, mais avec les Popovs, c’est tout de suite plus massif : un blindé lourd R6 avec un ravissant obusier et surtout une escouade de rang 4, type d’infanterie lourde souvent  difficile à gérer pour l’adversaire.

Alors, qui des blindés ?

– non, nous n’avions pas suffisamment de chars R6-7 pour le SSU ! Après le Karl Marx, le Beria, le Lenin et le Mao, c’est au tour du boss de faire son entrée en lice, le Vodj lui-même, le Iosef Stalin. Doté d’un joli canon rayé court de 183mm doublé d’un lance-flammes lourd ce joujou ne demande qu’à se faire des amis, aussi bien chez les blindés adverses que dans l’infanterie de la plus légère à la plus lourde. Cette polyvalence se paye évidemment, par une allonge un poil plus court que les réels tueurs de tank et par un niveau de châssis plus léger d’un point, ce qui est toutefois compensé par la capacité Damage Resilient.

SONY DSC

« Les chars, c’est comme la vodka : on n’en a jamais assez ! »

Bref, on a là un couteau suisse taillé pour l’assaut, pas un de ces planqués de blindés teutoniques qui montent la tente au fond de la cour dès le début de partie, afin d’y camper pendant tout le temps de l’affrontement ! ^_^ Bien évidemment, on évitera de l’envoyer seul au contact, car bien que solide il aura besoin d’une couverture pour chasser les importuns qui papillonneraient autour de lui et donner la pleine mesure de sa puissance de feu à moyenne portée.

– l’Aleksei et l’Anatoly sont deux blindés qui viennent combler des trous dans l’arsenal du SSU. D’abord, ce sont des blindés peu chers, car légers du moins, à la façon dont le SSU envisage la légèreté ! Quasiment aussi solides qu’un medium Allié, ils pourront sans doute survivre à une salve raisonnable avant de rejoindre la terre de leurs ancêtres. De plus, ils offrent une variété d’armes qui fait souvent défaut au SSU sur ses blindés de base : canon tesla et gatling.

SONY DSC

« Et tu faisais quoi avant la guerre ?
– Poinçonneur des lilas, camarade !
– Pas trop dépaysé ?
– Avec mes cracheuses de plomb ? Certainement pas, je suis toujours le roi des petits trous ! »

Certes, le premier n’est pas l’arme la plus utilisée dans l’arsenal du SSU car il manque d’efficacité par rapport à son coût en points d’armée. Mais il a été revu à la hausse et commence à devenir un choix intéressant – capacité à faire perdre une action à un blindé ennemi, c’est fort ! – encore plus ici pour 36 points d’armée. Quant à l’autre version dotée de gatlings, elle répond elle aussi à un double besoin : avoir un blindé anti-infanterie à faible coût – 30 points ici – et surtout, pour le même prix, pouvoir faire taire l’aviation ennemi, ce qui ne sera pas un mal car le SSU manque de frappe sol-air bon marché. Ici, ce seront 5 à 6 dés qui jailliront sur les carlingues ennemies, de quoi faire réfléchir un amoureux du vol en radada à guidage laser…. (Hein, Bigben ?! 😉 )

Ce sont donc deux excellents blindés qui nous sont livrés là, de braves petits gars qui vont vite s’avérer indispensables dans mes compos SSU, tant leur rapport qualité/prix s’avère plus convaincant que certains blindés médiums de base du SSU.

Côté infanterie, on est également plutôt bien servi, voyez par vous-même :

– les Steel Wall sont tout ce que l’on déteste dans le SSU : de l’infanterie (très) lourde R4, pénible à gérer si l’on n’a pas anticipé ce genre d’unités, donc des boîtes de conserve bien solides qui vont vite s’avérer un cauchemar pour l’infanterie et l’aviation adverses. Dotés de deux autogun de 20mm, ils cracheront une pluie de plomb sur l’infanterie – pas moins de 10 dés sur une escouade de n’importe quel rang – et sur l’aviation ennemie avec 9 dés sur les chasseurs classiques.

SONY DSC

« Mais quel est le con qui nous a servis des flageolets avant de nous enfermer dans ces maudites boîtes de conserve ? »

Heureusement il y a Findu….Euh non, heureusement qu’ils ont également des défauts dans la cuirasse, sinon on obtiendrait une escouade ingérable. D’abord, comme tous les R4 du SSU, c’est 40 points minimum, soit plus qu’un blindé médium, ça calme. De plus, leur portée reste moyenne, même s’ils peuvent s’avancer sans avoir les miquettes. Enfin, la capacité spray qui leur permet de décimer les escouades adverses s’avère nettement moins intéressante face aux héros isolés contre qui ils n’enverront que deux misérables dés ! Que voulez-vous, on ne peut pas être bon partout !

– quant aux R1, c’est-à-dire les vrais couillus qui ne comptent que sur leurs pecs pour les protéger des balles et autres joyeusetés létales, ce sont les Killers et les Saboteurs qui s’y collent.

Peu chers, capables de répondre à tout avec un lance-acide et deux RPG, les Killers sont le pendant des Sturmpioniere de l’Axe, mais en R1, donc malheureusement plus faciles à faire taire. En même temps, si le SSU craignait pour la vie de ses soldats en leur fournissant un point d’armure de plus, ça se saurait ! Il faudra compter sur le terrain pour les mener de couvert en couvert à l’ennemi, qu’ils sauront ensuite sans problème emmerder jusqu’au bout.

SONY DSC

« Chef, Sergueï voudrait savoir pourquoi on nous a fourni des machettes, chef !?
– Parce que la guerre, c’est la jungle soldat ! Et qu’il va falloir défricher l’ennemi ! »

Les Saboteurs sont moins polyvalents et devront compter sur leurs charges de démolition et leurs machettes pour effrayer ceux d’en face au corps-à-corps. Evidemment plus risqué, ce type d’assaut sera pourtant largement favorisé par la compétence Fast mise à leur disposition et qui leur permettra de traverser la totalité du champ de bataille en deux tours : des preneurs d’objectifs en puissance !

– chez les Rouges, on n’a pas peur de l’adversaire et on le montre. C’est donc ce qu’a décidé de faire le plus valeureux du coin…. Quoi ? Qui a osé dire « le plus con du parti » ? On en a fusillé pour moins que ça, bande de moules ! … Nous disions donc que le camarade Vasilyi Kiritchenko a décidé de mouiller la chemise pour montrer à l’ennemi qu’ici, au SSU, on se rit de la mort, en emportant directement sur le champ de bataille la bannière rouge, symbole de notre glorieuse révolution !

SONY DSC

« Couillu un jour, couillu toujours! »

La seule vue de cette bannière permet aux soldats amicaux l’ayant en ligne de vue de mieux réussir leurs jets de moral, tout en les galvanisant pour réaliser une action de mouvement gratuite en phase de commandement. On entendrait presque le lieutenant Kiritchenko gueuler d’ici sur ses hommes. Toutefois, car même pour les héros il y a un mais, cela se paye en stats : à part gueuler et motiver ses hommes, Kiritchenko ne fait pas grand chose d’autre et ce n’est pas avec sa machette qu’il ira au contact d’un héros adverse. Une unité exclusivement taillée pour le soutien.

« Pour la mère patrie !!! »

J’étais déjà emballé par le détachement Allié, je suis carrément enchanté par celui-ci. Les figurines ont franchement de la gueule : la peinture est au top, même si les visages restent toujours le point faible de la gamme. Mais surtout, ce détachement apporte une polyvalence qui manquait au SSU, particulièrement dans les unités à faible coût. Une flexibilité qui ne pourra qu’être utile dans la composition des armées du SSU pour qui la spécialisation se paye parfois (trop) cher. J’ai donc hâte de les essayer et de voir si le plumage est à la hauteur du ramage. Mais de toute façon, même si cela ne s’avère pas le cas, c’est du SSU, donc c’est bien, ça ne se discute pas ! ^_^

D’ailleurs, au lieu de discuter plus longtemps, je pense que je vais aller m’en reprendre une deuxième boîte pour étoffer encore mes armées de l’Est et commencer à mettre en branle la marée rouge qui balayera inexorablement le petit monde de Dust, voire plus loin si nos amis Vrills décident de pointer un jour, le bout de leur(s) appendice(s) !