Spotlight sur 51ème Etat

Salutations les aminches,

J’inaugure aujourd’hui une rubrique de type « Spotlight sur… », afin de vous présenter quelques jeux qui méritent, à mon avis pas si humble que ça, le détour. Pour une grosse partie d’entre vous, ce genre de rubrique ne présentera qu’un relatif intérêt, car beaucoup de ces jeux sont bien connus et reconnus. Mais bon, cela fait toujours du bien de remettre en avant certaines perles de nos ludothèques pléthoriques, ne serait-ce que pour ne pas les oublier 😉

Alors pour ce premier « Spotlight », je m’en vais vous présenter ce magnifique objet ludique qu’est 51ème Etat. Posons le cadre pour les néophytes : ce jeu se rattache à la licence de Neuroshima, jeu de rôle polonais créé en 2003. Le background est classique mais efficace : nous sommes dans un monde post-apocalyptique, plus précisément dans ce qu’il reste des USA au milieu du XXIème siècle, où plusieurs factions se déchirent entre elles pour affirmer leur suprématie. Cette licence a déjà donné naissance à l’excellentissime Neuroshima Hex, jeu d’affrontement tactique créé par Michał Oracz et sorti en 2006. 51ème Etat prend donc place dans le même univers, mais au lieu de démolir votre adversaire comme pour Neuroshima Hex, vous allez essayer de rebâtir un embryon de société autour d’une des factions existantes.

Factions et héros de 51ème Etat et New Era : y'a pas à dire, tous de belles gueules de vainqueurs !

Concrètement, ce jeu ne sera pas sans vous rappeler celui qu’on ne présente plus : Race for the Galaxy. Jeu de développement à base de cartes, 51ème Etat en reprend certains principes – dont une iconographie à se taper la tête contre les murs – tout en apportant des plus qui lui ajoutent une saveur particulière :
– un système de pioche par draft qui donne un contrôle intéressant sur sa main et sur celle des autres
– une plus grande interaction avec les autres joueurs, soit en profitant des cartes posées devant eux, soit en allant carrément les razzier en un combat beaucoup plus simple à mener qu’à Race for the Galaxy
– un système de gains de points assez original dans le sens où la plupart des bâtiments posés devant vous ne peuvent générer leurs points que 3 fois avant d’être obsolètes, vous obligeant à réfléchir à leur remplacement régulier (d’où l’importance du draft de début de tour)
– une fin de partie généralement très tendue, puisque qu’il faut être le premier à générer/avoir en réserve 30 points de victoire en un tour, ce que la plupart des joueurs sont aptes à faire dans les derniers tours

Bon, disons le franchement, ce jeu s’adresse aux « joueurs velus » et nécessite plusieurs parties pour le prendre en mains. C’est d’autant plus difficile, que le jeu souffre de défauts qui auraient pu être aisément évités par une réflexion plus poussée lors de la conception :
– un déséquilibre autour des cartes de héros, qu’il faut compenser en ne les jouant pas exactement de la façon prévue par la règle
– l’iconographie n’est franchement, mais alors franchement pas intuitive – en comparaison, celle de Race for the Galaxy vous paraîtra relever d’un livre d’images pour enfants 😀 –
– mais surtout, les règles sont parmi les plus mal pensées, les plus mal exposées qu’il m’ait été donné de voir et dieu sait que j’en ai bouffé de la règle ! Cela peut amener à des blocages dans les premières parties, vous conduisant parfois à recourir aux systèmes certes éprouvés mais fort frustrants, dits du « pierre-papier-ciseaux » ou encore du « si c’est comme ça, j’arrête, na ! », voire carrément du « et ma main dans ta gueule, tu la veux ? » 😀

Ne perdez jamais l'aide-piste de score de New Era, ou alors préparez vos mouchoirs...

Cela explique un accueil plutôt froid du public français, ce qui s’est traduit par le refus de Iello de sortir l’extension New era qui clarifie pourtant grandement le jeu, mais n’existe qu’en anglais. Donc pour avoir la totale, il faudra accepter d’avoir un deck brassant des cartes françaises et anglaises, et dont l’iconographie n’est plus exactement la même entre les deux éditions (oui, je sais, ils se seraient tirés une balle dans le pied tout de suite, cela aurait été plus rapide !) A noter l’existence d’une mini-extension sortie pour Essen en 2011, intéressante à récupérer car apportant quelques nouveaux développements mais surtout un héros supplémentaire, ce qui est toujours excellent à prendre.

Les sept cartes de l'extension sortie à l'occasion du salon d'Essen : peu onéreuses et faciles à trouver sur ebay et cie

Alors devez-vous investir ? Oui, oui et oui ! Oui si vous aimez les jeux à la Race et cie ; oui si vous aimez les challenge, les jeux très tendus, avec retournements de situation ; oui si, comme le dit l’un de mes potos joueurs, vous aimez « jouer avec votre caca » (comprendre bouibouiter vos combos-de-la-mort- qui-tue dans votre coin) tout en faisant « chier l’adversaire » Bref, précipitez-vous !

PS : si vous avez des questions de règles, des problèmes face à ce jeu, n’hésitez pas m’adresser vos questions, on s’est suffisamment pris la tête dessus dans mon asso pour avoir désormais les bonnes réponses. Si cela peut vous éviter des maux de tête…. 😉