Diablo, maudit sois-tu !!! L’addiction au jeu online étouffera-t-elle l’addiction au jeu irl ?

Salutations les aminches,

« Oui, mon père, j’ai péché. J’ai succombé aux sirènes démoniaques online et me suis mis à farmer comme un fieffé faquin, délaissant la vie saine et comblée de joueur de figurines, de plateau et de cartes !
Oui, je m’en repends et vais de ce pas m’auto-flageller d’une bouée d’orties fraîchement coupées, afin de chasser le démon de mon corps ! » 😀

Bon, j’exagère un peu sans doute, mais je ne suis pas loin de cela : baisse de motivation (saisonnière ?) pour la chose ludique irl + sortie de Diablo III = je suis complètement aware. Pas au niveau de JCVD mais presque ; j’ai le cerveau tartiné de dps, de builds, de skills, de runs, de loots, de gold farming, de magic farming, bref autant de signes inquiétants d’une dérive vers la no-life attitude (au grand dam de ma moitié !). Il me faut donc réagir, saisir le démon à bras-le-corps et me remettre en selle, bref trouver un équilibre entre le monde ludique virtuel et le monde ludique réel (oui, je sais, rien que cette assertion est déjà une absurdité en soi 😀 )

Pour autant, ai-je complètement chômé pendant ce mois et demi de silence online ? Que nenni, que nenni : en veille certes, mais pas HS ! Je vous présente donc aujourd’hui, mes menus travaux de soclage et de peinture : oui, je me suis essayé à la peinture d’un blindé pour Dust Warfare, mais ne vous attendez pas des miracles en la matière, ça reste du niveau très basique, il faut bien que j’assume ma deux-mains-gauches-attitude ! 😉

Soclages en vrac

J’ai cherché à changer quelque peu ma façon de socler. A la fois parce que je trouvais mes premiers socles trop basiques, mais aussi inspiré par les dernières figurines acquises dans la gamme Dust Premium, notamment les blindés de type KV47, au design très sympathique mais dont les postures sont trop statiques à goût. Pour donner un peu plus d’ampleur à tout cela, j’ai donc essayé de créer mes propres socles, en travaillant à partir d’écorces de sapins, de sable/gravier et d’enduit de lissage.

« Posons camarade, pour la postérité et l’édification des masses !
– Da, d’autant qu’après le combat, on ne sera sans doute plus en mesure de le faire ! »

En dehors des temps de séchage qui sont un peu longs pour l’enduit – quoiqu’au bout de quelques heures, on peut déjà sous-coucher sans grand risque – je suis plutôt satisfait de cette technique, car elle est très flexible et permet finalement de varier les positions des blindés sans avoir à les triturer dans tous les sens car cela implique souvent de devoir casser et ressouder les pièces, techniques avec lesquelles je ne me sens pas encore suffisamment à l’aise -> Pour ceux qui voudraient s’y essayer, je vous invite d’ailleurs à vous reporter à l’excellent tuto de l’ami JPO sur Dust Warfare planet, dans lequel ce dernier vous indique comment modifier les positions des jambes de vos marcheurs préférés.

En ce qui me concerne, je reste dans le petit joueur, mais peu me chaud, car au final cela rend pas mal sur ma table de jeu et c’est ce qui compte à mes yeux : je suis joueur avant tout, pas peintre ni sculpteur 😉 Cela permet de mettre certaines pièces en valeur à peu de frais : ainsi, j’ai pu surélever mon Jagdluther et placer M. Panzerprinz devant, du fait de la surface gagnée en structurant un sous-bassement en enduit et écorce. De même, grâce aux rabiots d’AT-43, M. OZZ-117 a gagné en élévation, chose bien naturelle pour un héros aussi utile sur le champ de bataille !

 » Tremble, pourriture fasciste, tremble devant ma juste colère !
– C’est ça, fais le malin ! On verra si tu fanfaronnes toujours avec un obus de 88′ dans les dents… »

Voir le résultat me motive pour continuer, d’autant plus que ma factrice préférée m’a apporté ce matin ma dose mensuelle de figurines Dust et que les derniers modèles de Dust Studios sont de toute beauté, avec des camos différents et des positions plus dynamiques -> n’hésitez pas à aller faire un tour sur la page de Dust Games pour voir de quoi il retourne. Bref, encore du pain sur la planche, je suis bien loin d’avoir soclé toutes mes armées !

Inspired by Diablo : « Pik as » dit « The Butcher »

La parenthèse Diablo (pas encore refermée, je le crains… aïe ! Oui mon père, je m’en vais chercher de nouvelles brassées d’orties 😀 ) a cependant eu le mérite de me donner l’inspiration pour un blindé que je souhaitais peindre depuis un moment : le Loth. Ce blindé de l’Axe reprend tout simplement la base d’un Luther mais en lui adjoignant une deuxième pince pour en faire un blindé dédié corps-à-corps. Facile à monter, il n’a cependant pas été décliné en premium et j’ai donc dû retrousser mes manches pour essayer de badigeonner quelque chose. Grâce à la générosité de l’ami JPO (hmmm, tu sais que je t’aime toi ? 😀 ) qui m’a envoyé la deuxième pince dont j’avais besoin, j’ai pu m’atteler à la tâche. Je voulais d’abord faire un blindé en concordance avec les camos standards préexistants, mais j’y ai renoncé pour me tourner vers quelque chose de plus baroque.

Je vous présente donc ma version du Loth, un blindé héroïque surnommé « Pik as » par les Allemands, mais surnommé « The Butcher » par les Alliés, tant sa férocité suscite l’angoisse chez ceux qui ont eu à le rencontrer sur le champ de bataille. Mais qui se cache derrière ce blindé facilement reconnaissable sur le terrain ?

« The Butcher » en action : les afficionados de Diablo pourront me rétorquer que le véritable Boucher se trimbale également avec un crochet et une chaîne. Ce à quoi je répondrai que c’est prévu au programme, il faut juste que je trouve une chaîne 😉

Retour en arrière : en 1942, les premiers mechas allemands font leur apparition sur le champ de bataille, prouesse technologique due à la découverte du VK avant-guerre. Si ces nouveaux marcheurs de combat permettent à l’Allemagne une poussée sans précédent sur le front, certains châssis se retrouvent également employés à l’arrière à des tâches logistiques. C’est dans ce contexte que l’on fait la connaissance de Simson Ackerman, fils de paysan d’origine poméranienne, un garçon décrit par ses camarades comme un travailleur acharné mais un peu frustre, toqué des récits des faits d’armes dont la Propagandastaffel inonde le marché allemand. Âgé de 26 ans, il n’a pas pu partir en première ligne comme tous ses copains de la Hitlerjugend, du fait d’une insuffisance pulmonaire prononcée. Mais nourri de propagande, il rêve pourtant de servir et réussit à se faire engager dans l’armée au titre de conducteur d’engins et de poids lourds. Ayant fait preuve d’un bon doigté dans la conduite de ces engins, Simson obtient assez rapidement le droit de piloter un mecha de manutention. Chose pas si banale que cela en 1942 au vu de la nouveauté de ces mechas et qui l’est encore moins pour un Simson qui ne rêve que de glorieux combats aux commandes de ces monstres de métal. S’il fait l’objet de moqueries « viriles mais pas méchantes » des manutentionnaires travaillant avec lui, il ne s’en émeut guère et opiniâtre, mène son mecha dans les travaux comme un as au front et s’entraîne à le piloter sur ses plages de temps libre, quand son chef lui en donne la permission.

Simson aurait pu rester cantonné dans les oubliettes de l’histoire si le destin n’en avait pas décidé autrement au printemps 1943. A Berlin, Hitler est assassiné et l’armée allemande plonge temporairement dans le chaos. Cela se traduit par une désorganisation sur le front, qui se paye cash en URSS où les Soviétiques profitent de cette situation pour mener des opérations d’infiltration derrière les lignes allemandes. Au cours d’un de ces « coups de main », un détachement soviétique tombe sur le dépôt avancé dans lequel travaille Simson et qui n’est que très modestement défendu. Tablant sur une prise facile, le commandant soviétique décide d’organiser un assaut frontal avec ses hommes, appuyé par trois T-34 et quelques auto-mitrailleuses. La partie semble pliée d’avance, les gardes et manutentionnaires allemands se débandant rapidement face à une opération plutôt bien menée./Mais c’est sans compter sur Simson, qui la tête farcie d’histoires de héros faisant basculer la situation au dernier moment, décide de foncer dans le tas avec son mecha. Surpris, les Soviétiques ne paniquent pas pour autant et mettent leurs chars en position pour aligner ce fou furieux surgi d’on ne sait où. Las, quelle n’est pas leur surprise lorsqu’ils se rendent compte de la facilité avec laquelle leur adversaire évite les tirs et charge le premier T-34. Plus manoeuvrable que celui-ci, il contourne sa tourelle et en arrache le canon dans un déchirement métallique. Puis, poursuivant son assaut irrépressible, il charge le deuxième char voisin en le martelant à grands coups de canon du premier. Déglinguant la tourelle avec ses coups désordonnés certes, mais d’une efficacité toute brutale, il le met hors de combat.

Côté soviétique, surprise et inquiétude amènent les troupes à réagir de façon désordonnée : l’équipage du troisième T-34 décide de manoeuvrer pour se repositionner, laissant les auto-mitrailleuses et la troupe temporairement sans appui-feu, ce dont Simpson profite pour détruire méthodiquement deux nouveaux blindés légers et dispersant les soldats en moulinant à tout va, avec le canon en guise de masse d’arme. Décontenancé par la férocité de l’assaut, le commandant soviétique décide de renoncer et ordonne le repli, laissant le mecha allemand tel un gladiateur au milieu de son arène.

Ce coup d’éclat a plusieurs conséquences. Cela montre d’abord au commandement allemand que le corps-à-corps à l’aide de mechas est possible et peut même s’avérer efficace en certaines circonstances : effet de surprise, terrain encombré, proximité, autant d’atouts qui permettent d’annuler temporairement l’efficacité du feu ennemi : le Loth est né, d’autres châssis seront également utilisés par la suite dans ce type d’attaque, comme le Bergeluther.Quant à Simson, c’est une révélation : il peut se battre, lui, le souffreteux dont la Wehrmacht n’avait initialement pas voulu. La Propagandastaffel le comprend également, voyant en lui un « héros du peuple allemand » idéal, d’origine modeste, handicapé par une santé fragile mais qui surpasse cette situation par une « volonté inflexible » comme aimait le crier haut et fort le défunt Führer. Retiré de sa fonction première, Simson va être employé pour mener des opérations coups de poing, principalement en milieu urbain et ce sous le contrôle des services de propagande et la protection rapprochée de troupes d’élite, ces opérations servant surtout à démoraliser l’adversaire et regonfler le moral de la troupe. Simson en a bien conscience, mais il s’en contente, d’autant qu’il y perfectionne ses techniques de combat et accumule tout de même un nombre de victoires importantes contre des blindés ennemis, ce qui fait rapidement de lui un « as ». Les mécanos de son unité, avec qui il s’entend particulièrement bien du fait de son passé de « rampant », décident d’ailleurs de lui réaliser une livrée inspirée d’illustres pilotes allemands : le rouge en souvenir du baron éponyme de la Grande guerre, l’as de pique en mémoire de Mölders, as de la chasse allemande décédé en 1941 : la légende du Loth « Pik as » est née.

La Propagandastaffel fait ses choux gras de cette « légende » et désireuse de préserver son protégé, insiste pour que l’on évite de l’envoyer dans les endroits trop exposés du front, au grand dam de Simson. Mais la situation difficile provoquée par le plan Overlord en 1944, amène ses supérieurs à revoir leur copie. Il se retrouve enfin dans un point chaud du front, intégrant les Panzerdivisionen, lancées dans le contre-attaque menée dans les Ardennes au cours de l’hiver 1944-1945. Il y fait preuve de la même férocité que sur le front russe, mais paye sa témérité de plusieurs blessures qui font frémir la Propagandastaffel : il faut dire qu’un blindé rouge et noir en plein hiver, on a déjà fait plus discret. Mais l’effet psychologique s’avère payant, les soldats alliés craignant de se retrouver face-à-face avec celui qu’ils ont surnommé « The Butcher ».

Durement touché au dos au cours de la deuxième bataille de France, il est retiré du front en septembre 1945 pour être soigné en Bavière. Mais face à l’apparition des premiers mechas anglo-saxons, il ne tient pas en place, ayant hâte de se confronter à ces nouveaux adversaires. Il ne va pas au bout de sa convalescence et, en dépit des crises d’hystérie des responsables de la Propagandastaffel, se retrouve de nouveau au front à la fin de l’année 1946 : « Pik as » ou « The Butcher », voire « Красный дьявол » (= « Diable rouge ») comme l’ont appelé de leur côté les soldats du SSU, il est de retour pour écrire lui-même sa légende.

« Et mon profil gauche, tu le trouves beau, mon profil gauche ? »

Alors comment jouer le Loth version héroïque ? Je suis parti de la version de base telle qu’elle a été prévue par FFG pour Dust Tacticset dont on trouve la fiche en téléchargement sur Boardgamegeek. Ses caractéristiques sont les mêmes à Dust Warfare, son coût étant de 25 AP. Je propose donc de partir de cette base, mais en modifiant les compétences du bestiau afin de le faire coller au background de son pilote :

– on enlève Self repair, Simson n’étant pas réputé pour chercher à ménager sa machine
– on enlève la MG-44, son Loth n’est conçu que pour le corps-à-corps, rien d’autre
– on rajoute un dé d’attaque contre tous les types d’infanterie ; 1 dé d’attaque contre les véhicules de rang 1 à 5 (ses cibles favorites au combat)
– on maintient Charge
– on rajoute Pilot : Simson Ackerman – Rare unit

Pour le pilote, même s’il n’a pas de figurine attitrée, on pourrait le concevoir de la façon suivante au niveau de ses compétences (je ne m’embête pas à lui prévoir des stats, je ne le jouerai pas en tant que perso isolé) :

Ace Pilot, grosse compétence qui lui permet d’avoir une action en plus, mais qui traduit bien son excellence au pilotage
Berserk, afin de montrer le côté sauvage et imprévisible de Simson
Pilot : Simson Ackerman

Alors quid du coût en points ? Bonne question, difficile d’y répondre car je n’ai pas les coûts précis des différentes compétences et points de statistique. Mais à la louche, je dirais aux alentours de 40 points, car on a un bestiau certes rapide et puissant, mais pas si solide que cela au final et qui ne fait rien en dehors du corps-à-corps. Bref, à voir, à tester et à repréciser en fonction des sorties futures et de ce qu’elles nous apprendront sur les coûts de certaines capacités encore sous-représentées comme Ace Pilot.