« Ils sont venus prendre notre sang et se sont noyés dans le leur ! »

Salutations les aminches !

Un titre qui peut sembler un peu racoleur, mais qui n’est en fait que l’une des devises se rattachant aux Spetsnaz. Pourquoi aller citer ces p’tits gars pas franchement connus pour leur subtilité opérationnelle ? Parce que le dernier des trois détachements pour Dust Warfare a enfin atterri chez moi. Et vous l’avez forcément deviné, c’est le SSU qui est cette fois à l’honneur !

Enfin ! Mes chouchoux vont pouvoir casser du Fritz ou du Yankee et ce pour la plus noble des causes : défendre la Mère patrie ! Y compris – et même surtout – directement chez les adversaires, car c’est plus drôle d’aller tout casser chez eux 😉

Une seule prérogative : la subtilité !

Non, je déconne…. SSU et subtilité, voilà bien deux termes qui ne vont guère ensemble et ce nouveau détachement ne déroge pas à la règle. Certes, on retrouve la même composition en termes de figurines que les deux précédents détachements Axe et Allié, mais avec les Popovs, c’est tout de suite plus massif : un blindé lourd R6 avec un ravissant obusier et surtout une escouade de rang 4, type d’infanterie lourde souvent  difficile à gérer pour l’adversaire.

Alors, qui des blindés ?

– non, nous n’avions pas suffisamment de chars R6-7 pour le SSU ! Après le Karl Marx, le Beria, le Lenin et le Mao, c’est au tour du boss de faire son entrée en lice, le Vodj lui-même, le Iosef Stalin. Doté d’un joli canon rayé court de 183mm doublé d’un lance-flammes lourd ce joujou ne demande qu’à se faire des amis, aussi bien chez les blindés adverses que dans l’infanterie de la plus légère à la plus lourde. Cette polyvalence se paye évidemment, par une allonge un poil plus court que les réels tueurs de tank et par un niveau de châssis plus léger d’un point, ce qui est toutefois compensé par la capacité Damage Resilient.

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« Les chars, c’est comme la vodka : on n’en a jamais assez ! »

Bref, on a là un couteau suisse taillé pour l’assaut, pas un de ces planqués de blindés teutoniques qui montent la tente au fond de la cour dès le début de partie, afin d’y camper pendant tout le temps de l’affrontement ! ^_^ Bien évidemment, on évitera de l’envoyer seul au contact, car bien que solide il aura besoin d’une couverture pour chasser les importuns qui papillonneraient autour de lui et donner la pleine mesure de sa puissance de feu à moyenne portée.

– l’Aleksei et l’Anatoly sont deux blindés qui viennent combler des trous dans l’arsenal du SSU. D’abord, ce sont des blindés peu chers, car légers du moins, à la façon dont le SSU envisage la légèreté ! Quasiment aussi solides qu’un medium Allié, ils pourront sans doute survivre à une salve raisonnable avant de rejoindre la terre de leurs ancêtres. De plus, ils offrent une variété d’armes qui fait souvent défaut au SSU sur ses blindés de base : canon tesla et gatling.

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« Et tu faisais quoi avant la guerre ?
– Poinçonneur des lilas, camarade !
– Pas trop dépaysé ?
– Avec mes cracheuses de plomb ? Certainement pas, je suis toujours le roi des petits trous ! »

Certes, le premier n’est pas l’arme la plus utilisée dans l’arsenal du SSU car il manque d’efficacité par rapport à son coût en points d’armée. Mais il a été revu à la hausse et commence à devenir un choix intéressant – capacité à faire perdre une action à un blindé ennemi, c’est fort ! – encore plus ici pour 36 points d’armée. Quant à l’autre version dotée de gatlings, elle répond elle aussi à un double besoin : avoir un blindé anti-infanterie à faible coût – 30 points ici – et surtout, pour le même prix, pouvoir faire taire l’aviation ennemi, ce qui ne sera pas un mal car le SSU manque de frappe sol-air bon marché. Ici, ce seront 5 à 6 dés qui jailliront sur les carlingues ennemies, de quoi faire réfléchir un amoureux du vol en radada à guidage laser…. (Hein, Bigben ?! 😉 )

Ce sont donc deux excellents blindés qui nous sont livrés là, de braves petits gars qui vont vite s’avérer indispensables dans mes compos SSU, tant leur rapport qualité/prix s’avère plus convaincant que certains blindés médiums de base du SSU.

Côté infanterie, on est également plutôt bien servi, voyez par vous-même :

– les Steel Wall sont tout ce que l’on déteste dans le SSU : de l’infanterie (très) lourde R4, pénible à gérer si l’on n’a pas anticipé ce genre d’unités, donc des boîtes de conserve bien solides qui vont vite s’avérer un cauchemar pour l’infanterie et l’aviation adverses. Dotés de deux autogun de 20mm, ils cracheront une pluie de plomb sur l’infanterie – pas moins de 10 dés sur une escouade de n’importe quel rang – et sur l’aviation ennemie avec 9 dés sur les chasseurs classiques.

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« Mais quel est le con qui nous a servis des flageolets avant de nous enfermer dans ces maudites boîtes de conserve ? »

Heureusement il y a Findu….Euh non, heureusement qu’ils ont également des défauts dans la cuirasse, sinon on obtiendrait une escouade ingérable. D’abord, comme tous les R4 du SSU, c’est 40 points minimum, soit plus qu’un blindé médium, ça calme. De plus, leur portée reste moyenne, même s’ils peuvent s’avancer sans avoir les miquettes. Enfin, la capacité spray qui leur permet de décimer les escouades adverses s’avère nettement moins intéressante face aux héros isolés contre qui ils n’enverront que deux misérables dés ! Que voulez-vous, on ne peut pas être bon partout !

– quant aux R1, c’est-à-dire les vrais couillus qui ne comptent que sur leurs pecs pour les protéger des balles et autres joyeusetés létales, ce sont les Killers et les Saboteurs qui s’y collent.

Peu chers, capables de répondre à tout avec un lance-acide et deux RPG, les Killers sont le pendant des Sturmpioniere de l’Axe, mais en R1, donc malheureusement plus faciles à faire taire. En même temps, si le SSU craignait pour la vie de ses soldats en leur fournissant un point d’armure de plus, ça se saurait ! Il faudra compter sur le terrain pour les mener de couvert en couvert à l’ennemi, qu’ils sauront ensuite sans problème emmerder jusqu’au bout.

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« Chef, Sergueï voudrait savoir pourquoi on nous a fourni des machettes, chef !?
– Parce que la guerre, c’est la jungle soldat ! Et qu’il va falloir défricher l’ennemi ! »

Les Saboteurs sont moins polyvalents et devront compter sur leurs charges de démolition et leurs machettes pour effrayer ceux d’en face au corps-à-corps. Evidemment plus risqué, ce type d’assaut sera pourtant largement favorisé par la compétence Fast mise à leur disposition et qui leur permettra de traverser la totalité du champ de bataille en deux tours : des preneurs d’objectifs en puissance !

– chez les Rouges, on n’a pas peur de l’adversaire et on le montre. C’est donc ce qu’a décidé de faire le plus valeureux du coin…. Quoi ? Qui a osé dire « le plus con du parti » ? On en a fusillé pour moins que ça, bande de moules ! … Nous disions donc que le camarade Vasilyi Kiritchenko a décidé de mouiller la chemise pour montrer à l’ennemi qu’ici, au SSU, on se rit de la mort, en emportant directement sur le champ de bataille la bannière rouge, symbole de notre glorieuse révolution !

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« Couillu un jour, couillu toujours! »

La seule vue de cette bannière permet aux soldats amicaux l’ayant en ligne de vue de mieux réussir leurs jets de moral, tout en les galvanisant pour réaliser une action de mouvement gratuite en phase de commandement. On entendrait presque le lieutenant Kiritchenko gueuler d’ici sur ses hommes. Toutefois, car même pour les héros il y a un mais, cela se paye en stats : à part gueuler et motiver ses hommes, Kiritchenko ne fait pas grand chose d’autre et ce n’est pas avec sa machette qu’il ira au contact d’un héros adverse. Une unité exclusivement taillée pour le soutien.

« Pour la mère patrie !!! »

J’étais déjà emballé par le détachement Allié, je suis carrément enchanté par celui-ci. Les figurines ont franchement de la gueule : la peinture est au top, même si les visages restent toujours le point faible de la gamme. Mais surtout, ce détachement apporte une polyvalence qui manquait au SSU, particulièrement dans les unités à faible coût. Une flexibilité qui ne pourra qu’être utile dans la composition des armées du SSU pour qui la spécialisation se paye parfois (trop) cher. J’ai donc hâte de les essayer et de voir si le plumage est à la hauteur du ramage. Mais de toute façon, même si cela ne s’avère pas le cas, c’est du SSU, donc c’est bien, ça ne se discute pas ! ^_^

D’ailleurs, au lieu de discuter plus longtemps, je pense que je vais aller m’en reprendre une deuxième boîte pour étoffer encore mes armées de l’Est et commencer à mettre en branle la marée rouge qui balayera inexorablement le petit monde de Dust, voire plus loin si nos amis Vrills décident de pointer un jour, le bout de leur(s) appendice(s) !

Sélection estivale sous une pluie de balles – Part. II

Salutations les aminches !

Suite de ma sélection estivale entamée dans l’article précédent. Aujourd’hui, c’est au tour du cinéma et de la BD d’être à l’honneur, à travers une sélection de quelques oeuvres moins connues, toutes liées évidemment à la thématique de la Seconde Guerre mondiale

Et si on se faisait un film ?

– On commence par un film soviétique dur pour un sujet difficile : les exactions nazies en Biélorussie. « Idi i smotri » d’Elem Limov, plus connu chez nous sous le nom de « Requiem pour un massacre » est un film sorti en 1984, qui suit le parcours d’un jeune Biélorusse Fiora qui veut intégrer les rangs des partisans et qui va se retrouver embarqué dans un chassé-croisé avec les nazis qui pullulent dans la région. C’est à travers ses yeux que l’on découvre les ravages de la guerre à l’Est et la politique d’anéantissement menée par l’occupant. D’abord dans l’extermination de sa propre famille et de son village – dont il ne voit que le résultat – ; puis dans l’éradication d’un second village à laquelle il assiste bien malgré lui intégralement : regroupement de la population, viols collectifs et mise à mort des habitants brûlés vifs à l’intérieur d’une église. Un film coup de poing, lent et pas toujours facile à suivre, à mi chemin entre le documentaire et le film historique, dont on sort un peu hébété par la violence omniprésente et impressionné, particulièrement par le jeu du jeune acteur principal qui n’en ressortira d’ailleurs pas indemne : il faut dire qu’en plus de la violence du propos, une partie des combats sont tournés à balles et à obus réels…

Idi I Smotri

– Poursuivons sur l’Ostfront, avec le film « Stalingrad ». Evidemment, il ne s’agit pas du clinquant film de Jean-Jacques Annaud, pourri par les clichés, mais de celui bien plus convaincant du cinéaste allemand Joseph Vilsmaier, sorti en 1993. Ce dernier suit la bataille du point de vue exclusif des Allemands, chose rare pour être notée. Il s’attache ainsi à un groupe de jeunes sapeurs envoyés à Stalingrad à la mi-novembre, c’est-à-dire quelques jours avant le déclenchement de la contre-offensive soviétique qui aboutira à l’encerclement de la VIème armée. Les batailles sont plutôt bien reconstituées, la première montrant la difficulté de progresser dans une ville qui n’est plus qu’un champ de ruines ; l’affrontement contre les T-34 montrant la lutte désespérée d’une armée allemande aux abois, incapable de briser l’encerclement inéluctable. La dernière partie du film suit la déchéance des soldats, privés de ravitaillement et qui cherchent à s’en sortir avec les moyens du bord. Bien qu’intéressante, cette partie est moins cohérente et se laisse aller à de nombreuses invraisemblances.

Stalingrad

Non exempt de défauts, il n’en reste pas moins le meilleur film disponible sur cette bataille mythique, loin devant le tissu de conneries de M. Annaud, ou encore le très décevant « Stalingrad » de Fiodor Bondartchouk sorti en 2013 et qui dégouline de patriotisme abêtissant et de bons sentiments lénifiants : à fuir à tout prix !

– Toujours à l’Est, le film « Battle for honor : la bataille de Brest-Litovsk » d’Alexander Kott sorti en 2010, raconte la résistance désespérée de la garnison de la forteresse de Brest-Litovsk lors des tous premiers jours du déclenchement de l’opération Barbarossa en juin 1941. Basé sur un fait historique porté aux nues en Russie, le film est construit comme une ode à la gloire de l’Armée rouge, mais sans en faire des tonnes ce qui fait qu’il se laisse plutôt bien regarder. Mais s’il apporte un éclairage mérité sur un haut fait de la résistance miliaire soviétique, il passe évidemment sous silence le fait que 2 ans plus tôt, soldats de la Wehrmacht et soldats de l’Armée rouge avaient conjointement défilé en cette même forteresse, cela sur les débris de l’armée polonaise broyée par les deux mastodontes. N’oublions pas que ce sont toujours les vainqueurs qui font l’Histoire… 😉

Battle for honor

– Retour sur le front ouest avec le film « Die Brücke »/ »Le pont » qui vaut également le coup d’oeil. D’abord parce que c’est un film allemand de 1959 et qu’il constitue à ce titre l’un des premiers grands films sur ce thème dans l’Allemagne d’après-guerre. Ensuite parce qu’il s’intéresse à l’embrigadement des plus jeunes dans le Volkssturm, jeunes à qui on va demander de se sacrifier alors que tout est déjà perdu et cela jusqu’au bout du bout. En effet, le film qui se passe à la fin du mois d’avril 1945 suit ces néophytes mal encadrés et sous-équipés dans la défense impossible tout autant qu’inutile d’un pont. Cela alors même que les vétérans de l’armée régulière fuient les combats sous les quolibets de nos bleus qui estiment que ces Feldgrau ne sont que des lâches. Une défense qui les condamne à mort pour rien, car ce pont est censé être démoli par les sapeurs de la Wehrmacht afin de gêner la progression des armées américaines. Inspiré de faits réels, un film qui invite à réfléchir sur l’absurdité de la guerre, si on avait encore des doutes à ce sujet.

Die_Bruecke_1959

– Délaissons le théâtre d’opérations européen pour celui du Pacifique avec « Le soldat dieu » de Koji Wakamatsu, sorti en 2010. Initialement intitulé « La chenille » en japonais, ce film narre le retour dans son village d’un soldat japonais, Kurokawa, mutilé au combat. Amputé des jambes, des bras, sourd, aphasique et défiguré, on n’est pas loin du héros de « Johnny got his gun » qui était lui aussi réduit à l’état de légume, à la suite de blessures subies pendant la Première Guerre mondiale. Mais la comparaison s’arrête là, car le but de Wakamatsu n’est pas tant de s’apitoyer sur ce soldat et sur ce qui se trame en son fort intérieur, que de dénoncer la violence et le militarisme de la société nippone des années 40. En effet, tout le monde doit rendre hommage à ce soldat et se mettre à son service. C’est évidemment le cas de sa femme qui ne peut et ne doit pas se plaindre, invitée au contraire à se sacrifier pour celui qui a tout donné pour la nation. Réduite à l’état d’esclave y compris sexuelle, devant répondre aux moindres désirs de son mari, on suit son parcours cauchemardesque dans une société fanatisée et jusqu’au-boutiste. Un film dérangeant, mais finalement salutaire quand on connaît la force du nationalisme japonais actuel et sa fâcheuse tendance à oublier ce qui l’arrange.

Soldat dieu

Et pour les bédéphiles…

– Restons sur le front pacifique avec ce très beau manga : « Eien no zero » c’est-à-dire « Zéro pour l’éternité » de Naoki Hyakuta et Sōichi Sumoto. Il s’agit de l’adaptation du roman éponyme de Hyakuta qui raconte l’histoire d’un jeune étudiant un peu paumé – Kentaro – qui cherche à retracer l’histoire militaire de son grand-père. Celui-ci, pilote de chasse pendant la guerre, a réussi à survivre à toutes les batailles avant de terminer sa carrière comme pilote Tokotai, mieux connu chez nous sous le nom de Kamikaze. Kentaro et sa soeur Keiko ne comprennent pas comment il en est arrivé là et vont donc s’enquérir auprès d’anciens pilotes qui ont tous connu leur grand-père.

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Si le trait est classique, l’histoire est particulièrement intéressante, tant sur les batailles vues du côté japonais, que sur ce besoin de la génération actuelle de comprendre comment leurs familles, leur pays de façon plus générale, ont pu ainsi basculer dans le jusqu’au-boutisme suicidaire.

– Sur un thème similaire, je vous conseille le manga « Tokkou no Shima », à savoir « L’île des téméraires » de Satô Shuho. On suit là aussi de jeunes Japonais qui vont faire le sacrifice de leur vie en des attaque suicides, non pas par avion, mais par sous-marins de poche, véritables torpilles humaines. Le désespoir transpire à chaque page de ce manga au trait sombre, car si tous – ingénieurs, mécanos, pilotes – se donnent corps et âme à leur mission, tous savent également que cela ne constituera jamais une arme miracle, tout au plus un moyen de ralentir un ennemi éminemment supérieur en nombre.

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Ce manga nous éclaire donc à sa manière sur un épisode moins connu de la guerre du Pacifique que l’épopée suicidaire des Tokotai. A ne pas lire toutefois si vous n’avez pas le moral, car l’ambiance y est un parfois morose comme je vous l’ai mentionné.

– Retour sur l’Ostfront avec une très belle série des éditions Paquet : « Le Grand Duc » de Yann Hugault. On y suit le parcours croisé d’un as de la chasse allemande et d’une pilote soviétique appartenant aux fameuses Sorcières de la nuit. Si l’intrigue n’évite malheureusement pas les clichés – un héros aussi bon pilote qu’il est un farouche anti-nazi (quand on sait qu’en dehors de la SS, la plus nazie des trois armes était la Luftwaffe, cela fait doucement rigoler…), une héroïne dotée d’un courage directement proportionnel à ses protubérances mammaires, une histoire d’amour à priori impossible mais qui va le devenir, etc – cela reste tout de même une série de bonne facture servie par un dessin superbe : les scènes de bataille aérienne sont un régal pour les yeux. Bref, une série classique mais qui vaut le détour, surtout si l’on a envie de découvrir la guerre aérienne à l’Est sans trop se prendre la tête.

Le Grand Duc

D’ailleurs de façon plus générale et pour les amateurs, les éditions Paquet ont développé toute une ligne éditoriale autour de l’aviation, appelée « Collection Cockpit », que je vous invite à visiter : Première, Seconde guerre mondiales, conflits plus récents, il y en a pour tous les goûts. Avec toujours les mêmes qualités : des dessins à tomber, des scénars (trop) classiques.

– Toujours chez Paquet – vi je critique, mais j’aime leurs BD 😉 – je vous invite à découvrir « L’armée de l’ombre » d’Olivier Speltens. On y suit de jeunes soldats allemands, envoyés sur l’Ostfront pour colmater les brèches désormais béantes en cette année 1943. L’auteur a pris le parti délibéré de délaisser Stalingrad pour se concentrer sur d’autres batailles – dont Koursk quand même – moins mises en avant. Le trait est là aussi classique mais c’est beau et certaines planches accrochent vraiment l’oeil, particulièrement celles montrant les blindés en action. Quand à l’histoire, si l’on n’évite pas là encore les poncifs du genre – le vétéran revenu de tout, le jeune idéaliste rejetant le nazisme, etc – elle se tient et n’hésite pas à montrer la Heer dans ses opérations de nettoyage des villages soviétiques, ce qui est relativement rare dans ce genre d’oeuvre grand public.

Armée de l'ombre

NB : ceci n’est pas la couverture de l’édition standard de la série, mais une couverture toilée disponible uniquement dans les librairies affiliées au réseau Canal BD. Elles sont plus chères, mais les couvertures sont vraiment plus belles ; comment voulez-vous que je résiste à un Tigre en maraude ? ^_^

Je vous la recommande donc chaudement et j’attends avec impatience, non seulement la sortie du dernier opus, mais également le développement d’une nouvelle collection développée par Paquet et dans laquelle s’inscrit cette série : « Collection Mémoire ».

– Un peu à part, le dyptique « Stalingrad Khronika » de Sylvain Ricard et Franck Bourgeron, prend la bataille de Stalingrad pour toile de fond d’une histoire qui sort des sentiers battus. On y suit en effet une équipe de cinéastes, mandatés par Staline himself pour tourner un film sur la grandeur de l’Armée rouge au coeur de « la mère de toutes les batailles ». Dirigée par un commissaire politique un peu dépassé, cette équipe de ratés va devoir affronter non seulement la violence d’une bataille dantesque, mais aussi le mépris des militaires, l’absurdité d’un système qui ne tient pas compte de l’artiste vu comme un simple outil et surtout… eux-mêmes puisque minés par la brutalité du système, ils en viennent à se soupçonner, s’espionner, se haïr.

Stalingrad

Là encore, une histoire assez sombre, qui constitue plus une charge contre le système totalitaire soviétique qu’une réelle vision de la guerre. Si ce n’est que c’est celle-ci qui constitue un cadre idéal pour mettre à jour les conséquences d’un système violent et kafkaïen qui broie les individus en les montant les uns contre les autres.

– Autre dyptique, mais dont les deux volumes ne sont pas liés : « Ostfront » et « Westfront » de Fabrice Le Hénanff. Le premier s’intéresse à la bataille de Stalingrad à travers l’histoire de trois sous-officiers pris dans la nasse soviétique. Le second quant à lui, suit le destin de SS Français de la tristement célèbre Division Charlemagne, défendant jusqu’au bout la chancellerie du Reich et le Führerbunker face à l’avancée inexorable des troupe soviétiques.

Ostfront

Westfront

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux albums sont superbes d’un point de vue graphique – même si Le Hénanff a un style particulier qui peut rebuter les gens plus habitués à une ligne claire – mais tout de même inégaux. Le premier laisse une trop grande impression de déjà-vu, l’auteur s’étant clairement (trop) inspiré du film de Vilsmaier, dont je vous ai parlé ci-dessus : c’est dommage, car l’album perd en originalité. Le second m’a nettement plus convaincu : le dessin est toujours au top qui retranscrit bien l’ambiance fin du monde de la bataille de Berlin, mais surtout le scénario est original et intéressant, avec une surprise finale franchement inattendue ! Un must to have !

– Sortons un peu du conflit mondial pour plonger dans un autre conflit, héritier indirect du précédent : « Mezek » de Yann et André Juillard. Ce one-shot nous plonge dans la première guerre israëlo-arabe de 1948, aux côtés d’anciens pilotes ayant combattu pendant la Seconde Guerre mondiale et engagés comme mercenaires par le tout jeune Etat hébreux, afin de combattre à leur côté aux commandes de Mezek. Ces derniers sont des avions de chasse tchèques, dérivés du célèbre Me 109 de la Luftwaffe et vendus en contrebande à Israël alors sous embargo. Très difficiles à piloter, ils n’en constituent pas moins le seul rempart aérien d’un Etat israëlien assiégé par ses voisins et soumis à la pression de l’aviation égyptienne.

Mezek

Le dessin est classique mais beau – en même temps, André Juillard est un des grands noms de la BD : qui ne connaît pas « Les 7 vies de l’épervier » ? – le scénario historiquement solide et franchement prenant avec de belles surprises finales ! Là encore, un must to read et to have !

– Et l’uchronie dans tout ça me direz-vous ? Un duster ne peut en faire l’économie vu que c’est la base de l’univers de Dust. Eh bien, elle n’est pas en reste en ce moment et de nombreuses séries ont cherché à surfer sur le succès de « Block 109 » de Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat. Ce one-shot sorti en 2010 constitue à mes yeux un tournant dans l’uchronie : d’abord parce qu’il s’attaque à une période difficile, ensuite parce qu’il propose une histoire tordue et sombre comme je les aime, servie par un graphisme à l’avenant. Pour faire simple, Hitler a été assassiné en 1941 et remplacé par Himmler qui s’est vite débarrassé des caciques du régime. Mais il manque de se faire doubler à son tour par Heydrich, devenu nouveau chef de la SS et met en place le « Nouvel ordre teutonique » pour le contrer. A sa tête, un personnage fictif, Zytek, appelé à remplacer Himmler à sa mort.

« Block 109 » se déroule donc en 1953, alors que la guerre s’est enlisée même si l’Allemagne a vaincu USA et Royaume-Uni grâce à l’arme nucléaire. Mais à l’Est, en dépit de cette force de frappe nucléaire, point de salut. L’Allemagne recule face à un assaillant soviétique désespéré mais acharné et qui compte sur son potentiel humain pour l’emporter. Mais Zytek a un projet pour rattraper la situation, un projet très particulier…

Block 109

Là où les auteurs ont fait fort, c’est qu’à partir de cette trame dont on connaît déjà la fin grâce à ce gros volume initial, ils ont sorti dans la foulée d’autres albums se déroulant dans cette version alternative de l’Histoire. Dans « Etoile rouge », on suit ainsi des pilotes français du Normandie-Niemen qui combattent les nazis au côté des Soviétiques. Dans « Opération Soleil de plomb », on s’embarque pour l’Afrique où l’Allemagne peine à contrôler ses mines d’uranium. Etc. On en est aujourd’hui à 6 volumes se lisant indépendamment, le septième sortant au mois de Novembre, même si le dessinateur original, ayant ses propres projets à mener, a laissé la main à partir du volume 6 : je vous rassure, son remplaçant – Ryan Lovelock – est à la hauteur de cet univers bien sombre.

Etoile rouge

Bref si vous n’avez qu’une série à acheter en uchronie Seconde Guerre mondiale, ne passez pas à côté de celle-ci. Certes, depuis le succès de « Block 109 », d’autres éditeurs se sont engouffrés dans la brèche en sortant leur propre série uchronique, voire diesel-punk : « Wunderwaffen », « Space Reich »,« WW 2.2 », « Les divisions de fer », certains volumes de la série « Jour J », le choix est certes large, mais la qualité loin d’être rendez-vous.

Trop souvent, le point de départ de l’uchronie n’est pas solide : ainsi, dans « Les divisions de fer« , le Reich a enlevé Einstein ce qui lui a permis de construire des méchas trop cool de la mort qui tue… ; dans « Wundewaffen », l’Allemagne a repoussé le débarquement grâce à ses seules unités aériennes à réaction, mais bien sûr… Quitte à faire dans la « nazixploitation », autant le faire bien en allant se mater le kitchissime « Iron sky » 😉 Seul « WW 2.2 » est plus cohérent, mais il souffre de la mauvaise habitude actuelle des grands éditeurs : sortir un grand nombre de volumes d’une même série, en confiant chaque volume à des auteurs différents, ce qui amène évidemment à de grands écarts de qualité.

Pour conclure, si avec tout ça vous n’avez pas de quoi occuper la fin de vos vacances, je me la coupe et je la mange, comme dirait l’autre ! ^_^